/
/
Une rencontre territoriale sur les Communs avec la Chaire VALCOM
Recherche & expérimentations Sensibilisation

Une rencontre territoriale sur les Communs avec la Chaire VALCOM

Le 2 octobre 2025, La Vigotte Lab et la Chaire VALCOM ont organisé une journée d’études, de réflexion et de partage sur les communs et la gestion des ressources naturelles dans les espaces ruraux. Plus de 60 élus, chercheurs, représentants d’administrations publiques et d’associations, apprenants en agriculture, et citoyens se sont réunis pour croiser leurs expériences. Une journée très inspirante !

la vigotte visuels vue generale hameau de la vigotte vosges 69

Les Communs peuvent ils nous aider à mieux gérer nos ressources et à redynamiser nos territoires ruraux ?

65 participants venant de toute la France se sont retrouvés à La Vigotte Lab dans cadre des journées de « rencontres territoriales » de la chaire de recherche VALCOM pour y travailler.

Chercheurs en économie, sociologie, anthropologie, juristes, mais aussi gestionnaires de communs « ancestraux » venus témoigner des pratiques méconnues mais toujours à l’œuvre sur des milliers de territoires en France autour de forêts, cours d’eaux, pâtures, bâtiments patrimoniaux… ont croisés le regard avec des élus et agents publics et techniciens de l’ONF (Office National des Forêts) de la Région Grand Est Conseil départemental des Vosges, Cerema, Parc naturel régional des Ballons des Vosges…

👩‍🎓les communs c’est quoi ?
👉1 ressource en partage
👉1 communauté d’usage
👉1 des règles de gestion

👉c’est aussi les travaux d’une vie de la première femme Prix Nobel d’économie : Elinor Ostrom

🦕ce n’est pas nouveau ! Les communs existent depuis toujours, de nombreuses « sections de commune » datent d’avant la révolution française. On parle de « droits ancestraux ».

📈Ce n’est pas anecdotique : la Chaire Valcom a recensé une surface foncière cumulée de communs en France supérieure au territoire du Luxembourg. Les communaux sont peut être le premier propriétaire foncier de France !

🤔ça peut servir à quoi aujourd’hui ?

A La Vigotte Lab on s’y intéresse beaucoup car :

🤝 nos territoires ruraux se sont fortement morcelés au fil des héritages et du désintérêt pour la gestion des milieux vivants (notamment les forêts et cours d’eaux). Cela entraîne de très profonds dysfonctionnements alors que TOUS nos paysages en France ont été façonnés par l’Homme et sont en équilibre avec l’Homme. Il devient quasi impossible de mettre en œuvre des solutions viables à l’échelle individuelle

🏛️le bon équilibre de nos forêts, prairies, cours d’eau nécessite une gestion de proximité et une connaissance très fine du végétal, du sol, de l’hydrographie, de la culture et des savoir-faire locaux que les grandes politiques publiques nationales n’arrivent pas du tout à intégrer et qu’elles n’ont plus les moyens de supporter.

💪Le Commun est d’abord un espace de gestion de proximité extrêmement efficace. Plus efficace que l’interventionnisme de l’Etat et plus efficace que l’économie libérale et le caractère central de la propriété privée individuelle.
Les Communs sont ensuite le retour du « bon sens » : la recherche de solutions simples et locales.

🤝Les communs sont enfin, et peut être surtout, le retour de la solidarité, du lien social et de la responsabilité dans une société moderne écartelée entre individualisme et attentisme vis à vis de l’institution providence.

💡Les communs seraient ils une bonne manière de reprendre le pouvoir sur nos vies ?

 

la vigotte lab visuels 1759470092449 281

la vigotte lab visuels 1759470091873 280

la vigotte lab visuels 1759470091164 279

la vigotte lab visuels 1759470090770 278

la vigotte lab visuels 1759470090561 277

la vigotte lab visuels 1759470090393 276

la vigotte lab pdf jaspart 34

Les conclusions de la journée par Olivier Jaspart, grand témoin

Bonjour !

Je vous remercie pour cette journée très riche et passionnante. Je tiens à vous féliciter pour la qualité des débats de cette journée.

En particulier, c’est rare, de nos jours, de pouvoir constater des personnes qui veulent rouvrir et faire partage à tous les usages d’un foncier. On a plutôt l’habitude de constater des actions et des tentative d’enclore, de déposséder les droits d’usage d’une Communauté de son Commun. Au contraire, ici, on assiste vraiment à une volonté de reprise de droits d’usage. C’est suffisamment important pour être souligné.

Peut-être justement que cette volonté d’ouverture est liée aux contraintes de gouvernance coordonnées d’activités séparées travaillant en silo sur un même territoire mais qui ressentent le besoins de s’interconnectés pour garantir leurs usages à terme ?

Cette journée nous aura permis de comparer les systèmes fonciers dit « ancestraux » avec celui de la Vigotte et, plus largement, le modèle des Tiers lieux ruraux et nourriciers.

Tout d’abord, il y a certains points de convergence :

– Les mutations rapides de la Ruralité provoquent un bouleversement des équilibres sociaux et écosystémiques qui oblige les personnes à (re)faire communauté ;

– Ces communautés témoignent d’une volonté de trouver et forger un lieu de conservation des savoirs et bonnes pratiques, mais aussi d’affecter ce lieu à leur transmission ;

– Il est important de conserver les usages tout en s’adaptant à la réalité. Ce lieu est le garant d’un héritage ;

– Aussi, systèmes fonciers et tiers lieu nourriciers s’envisagent comme étant au coeur des relations sociales et au service des habitants : comme une sorte de Régisseur de l’espace rural ;

– En outre, les deux systèmes ont un rapport ambigüe avec l’acteur public. Dans un premier temps, il est certain que celui-ci méconnaît ces régimes et entre souvent en confrontation avec eux. Il y parfois une volonté de mettre à l’écart l’acteur public pour laisser faire la communauté. Mais également, il y a une volonté de voir le travail de cette même communauté reconnu et protégé par l’acteur public ;

– Les deux régimes partagent également la revendication d’être des terrains d’expérimentation des pratiques sociales, culturelles et économiques d’un territoire déterminé, aux avants postes des bouleversements climatiques ;

-Enfin, fait remarquable et communs entre les deux régimes : même s’ils sont ancrés dans la vie locale et disposent d’une communauté viable, systèmes fonciers ancestraux et tiers lieux nourriciers partagent un sentiment de grande précarité et de fragilité. On pourrait leur fournir un régime juridique solide, ces Communs ne continueraient à se sentir précaires et instables.

Cependant, il y a des également des divergences entre ces deux régimes.

– Tout d’abord, la Vigotte est un tiers lieu qui veut se fédérer autour d’un bien commun qu’il n’a pas encore totalement identifié. S’agit-il de la forêt, de la rivière, de la bio-région ? Comment s’ouvrir et avec qui pour faire communauté ?

– Ici, nous remarquons une organisation juridique structurée autour d’activités qui priment sur le lieu (activités de loisirs, de sylviculture, d’hôtellerie-restauration, …) qui cherche à inverser ce rapport d’accessoires. Il s’agit désormais de mettre ces activités au service d’un bien commun. De rétablir la primauté de la ressource commune. Le bien mis en commun devient désormais premier, les activités humaines secondes. Ceci est vrai bouleversement dans la pensée juridique.

– Le tiers lieu nourricier a une approche très pédagogique tandis que le système ancestral a déjà des pratiques sociales ancrées.

– Enfin, le tiers lieu nourricier doit convaincre de son utilité sociale. Aujourd’hui, le monde agricole et rural est bâti sur une séparation des activités et une concurrence des acteurs entre eux. Pourquoi alors se contraindre à adopter un comportement communautaire alors que les autres sont égoïstes ? Que cet individualisme s’exprime au niveau international avec les accords de libre-échanges (Mercosur-UE), au niveau national ou au niveau local ? Quel serait l’intérêt individuel à ce travail commun alors que toutes les institutions actuelles poussent à la compétition des usages et non à leur auto-régulation par une Communauté responsable ?

Pour conclure, ne faut-il pas considérer système fonciers ancestral et tiers lieu nourricier comme deux déclinaisons d’un « commun de proximité » ?

Définis par la Coop des Communs comme une initiative citoyenne autogouvernée dont la visée est le service de l’intérêt général, dont l’accès reste ouvert, ancré sur le territoire et respectueux des écosystèmes dans lesquels elle est insérée ?

A cette question, il importe de s’intéresser au type se service que le Commun peut apporter aux individus et, plus largement, à la Communauté usagère.

Comment dépasser donc l’individualisme pour développer l’intérêt commun ?

Sommes-nous forcés de revenir à une économie de la subsistance ou à contraindre fortement l’économie pour établir des consommations locales pour permettre aux citoyens de se fédérer en Commun ?

Ressources liées à ce projet

Tous les documents présents ci-après sont mis à disposition pour vous permettre de comprendre le projet dans sa totalité et vous aider dans votre propre projet.    

Vous êtes intéressés par notre démarche et avez envie de connaitre les possibilités de formations, l’organisation de séminaires, de parcours pédagogiques et les structures d’accueil